Japon, droit devant !

Japon, droit devant !

Il y a des choses auxquels on ne s’attend pas toujours… Partir en reportage vidéo une semaine au Japon en faisait clairement partie. De retour depuis quelques jours maintenant, il ne fait aucun doute que ce voyage m’aura marqué, tant pour l’intensité du projet que nous y réalisions que pour la découverte de ce nouveau monde à l’autre bout de la planète.

Akihabara de nuit
Akihabara de nuit

Depuis bien longtemps le Japon me fascinait tant pour sa culture du Jeux-Vidéo que pour les mangas,… mais aussi son architecture, ses voitures, sa culture, sa musique, ses produits multimédia ! Le Japon m’a toujours donné l’impression d’être une destination de pèlerinage numérique !

Certes, avec des journées de travail de parfois près de 18h, je n’ai pas vraiment eu l’occasion de flâner dans la ville. Néanmoins, travailler à 200 à l’heure m’a par contre permis de vivre à la même vitesse que la ville et mon esprit n’a cessé d’analyser et ramener des souvenirs, des mémos de cet univers quasi futuriste aux côtés de notre civilisation européenne encroûtée…

J-1 Let’s flight to Tokyo

12h de vols + 7h de décalage horaire, encore un train à prendre pour arriver à la gare de Tokyo et nous étions déjà à pied d’oeuvre pour tourner les capsules MOOC de la journée dédiées à “L’esprit Kyocera“. Nous le savions, la semaine serait intense pour boucler notre planning et ce rythme intense aidait aussi à ne pas succomber à la fatigue…  Bref, il était déjà tard lorsque nous arrivions ensuite à l’hôtel, nous laissant une fin de soirée pour découvrir la cuisine locale, les galeries souterraines de magasins improbables et rapporter les premières images d’Akihabara, le quartier historique du jeux-vidéo japonais. Je pensais y “perdre” des albums de musique made in Cyborg Jeff, mais force m’est de constater qu’il est impossible de perdre quelque chose au Japon,… On viendra toujours vous le rapporter !

Dès cette première journée, le choc était impressionnant. Nous avions la grande chance d’avoir Claire à nos cotés qui parle le japonais couramment et connait parfaitement la ville. Sans cela, il aurait été impossible d’être autant efficace dans l’organisation de nos déplacements… ou tout simplement choisir notre repas ! J’espérais partir sur place avec mon “Apprends le japonais” sur Nintendo DS, mais ce dernier s’est perdu dans un bureau de poste. Je n’avais donc en poche qu’un Moshi Moshi, Konishowa et Sayonara issu de mes lectures de Yoko Tsuno…  Et ce n’est guère très utile ! Si il y une phrase à retenir, ce serait plutôt : 有難うございます。(à prononcer : Arigatougozaimaaaas) qui veut dire qqch du genre : Un tout grand merci ou Au revoir et merci beaucoup…

J-2 Tokyo unlimited

Cette deuxième journée fut des plus intense. Levés à l’aurore, nous prenions la direction de la baie de Tokyo pour réaliser les premières capsules vidéo de la journée, enchainant sur quelques plans dans le monorail, une interview et une étape au sommet de la World Trade Center, le plus haut gratte-ciel de la ville, afin de ramener de belles images pour illustrer nos productions.

Tokyo vue d'en haut
Tokyo vue d’en haut

Après un saut à l’Université de Soka en train, nous arrivions à nous laisser 45 minutes, montres en main pour parcourir les boutiques rétrogaming d’Akihabara à la recherche de quelques souvenirs ! Pas de surprises, les prix du rétro au Japon ne sont pas moins chers que chez nous et bien sur de nombreuses consoles japonaises ne sont pas compatibles avec les normes électriques européennes. Le prix d’un jeu Super Famicom sur place étant souvent même plus cher que ce que l’on trouverait chez nous… Faut-il évidemment le trouver ! Pour ma part, j’avais gardé un oeil sur les titres Game Boy et Game Gear qui ont l’avantage d’être compatibles sur tous les continents !

Par ailleurs, j’avais imaginé découvrir un Japon entièrement décoré aux couleurs du nouveau Mario Odyssey qui débarquait durant notre semaine de séjour sur la Nintendo Switch… Rien de rien hormis quelques présentoirs et une publicité dans un métro mais pas de panneaux géants sur les buildings.

Cette journée à faire le tour de la ville m’a donné l’impression de pouvoir marcher, rouler, monter, descendre sans limite. Tokyo ne dort jamais, mais reste étonnamment organisée. Chacun fait la fil, attend son tour, reste discret, le plus souvent plongé dans son smartphone. Les rues sont incroyablement silencieuses face à nos villes. Les moteurs électriques ont certes une influence, mais le silence des habitants, l’absence de coup de klaxon intempestif n’y sont pas pour rien non plus. Tokyo tourne comme une carte mère à processeurs multiples. Chacun à sa place, sans stress apparent. Les trains seront à l’heure, pas l’ombre  d’un embouteillage, les enfants se rendent seuls à l’école dans leur petit uniforme,… On se croirait presque dans un film de science fiction.

J-3 300 km/h, destination Kyoto

En route pour Kyoto, à près de 500 km de notre premier point de chute, nous partions tôt le matin vers la gare afin d’embarquer dans le Shinkansen, le train à grande vitesse qui relie en 3 heures Tokyo, la capitale de l’Est à Kyoto, la capitale des capitales. Encombrés de toutes nos lourdes valises, je n’ai pas pu rapporter d’images de ce TGV japonais à l’aspect d’un canard supersonic. Nous faisions une halte à mi-chemin à Hamamatsu afin tourner le matin un premier reportage dans une concession automobile.

Sur le routes japonaises
Sur le routes japonaises

Dès mon arrivée dans les vastes rues du Japon, j’avais été impressionné par le calme et silence relatif de la ville. Un grand nombre de véhicules sont électriques ou hybrides, ce qui donne une tout autre ambiance sonore que chez nous mais ce sont surtout les modèles de voitures qui circulent qui m’ont surpris. Majoritairement japonaises, les Toyota, Honda, Daihatsu, Nissan et Suzuki sont ici avec des formes angulaires marquées, hautes et silencieuses… Comme optimisées pour prendre le moins de place dans les rues, les parkings tout en embarquant un maximum… J’avais été particulièrement intrigué par les Toyota Voxy et Hellfire, modèles “familiale” ainsi que la Cocoa et la Lapin, petites citadines au look futuriste… J’étais donc ravi de pouvoir sortir de ce tournage avec de nombreux magasines de présentation de ces modèles pour écrire un futur article sur le sujet !

Nous arrivions à Kyoto en fin d’après-midi pour enfin déposer matériel et valises à l’hôtel. Il nous restait un peu de temps pour découvrir la ville qui contraste avec l’urbanisation intense de Tokyo. Préservée des bombardements, Kyoto a gardé son âme de vieille ville. La balade dans le quartier de Kawaramachi avec ces nombreux anciens bâtiments tout autour des cours d’eau à la tombé de la nuit offrait une ambiance toute particulière…

J-4 Technology, meditation, entertainment

La 4° journée de notre reportage s’annonçait intense, tant en capsules vidéo à tourner qu’en rencontre un peu plus protocolaire avec les responsables de nos deux projets MOOCs. En route pour notre premier tournage de la journée, quel ne fut pas ma surprise lorsque mon collègue Bjorn m’interpelle d’un “Hé, regarde, ce sont les quartiers généraux de Nintendo !” Arf, le temps de sortir mon smartphone pour en voler une photo du “bloc blanc” et notre taxi avait déjà continué sa course.

Pas facile de jumeler reportage photo avec l’organisation des tournages vidéos. Le choix de notre équipement à embarquer avait été soigneusement calculé pour tenir dans les valises de chacun de nous (J’y reviendrais dans un prochain article), et je ne pouvais évidemment pas m’encombrer de mon matériel photo professionnel trop pesant. Certes, j’avais un Nikon D610 en backup vidéo équipé d’un objectif tout venant, un Sigma 24-70. Du matériel correcte, mais en permanence configuré pour faire de la vidéo, c’est donc sur mon fidèle Smartphone Google rapide et répondant au doigt et à l’oeil que je devais me reposer tout au long du voyage.

Tournage au Pokestore de Kyoto
Tournage au Pokestore de Kyoto

Après notre reportage dans l’antre de Kyocera, l’une des entreprises japonaises parmi les plus influentes en technologie, nous prenions la route d’un des nombreux temples bouddhistes de la ville, le temple de Tofukiji. Enfin l’occasion de faire le vide dans mon esprit, faire le point sur tout ce que nous avions vécu jusqu’ici, sur la famille restée en Belgique… mais aussi l’occasion de parler un peu technique photo avec le reste de l’équipe avant repartir vers notre reportage suivant.

En fin d’après-midi, nous poursuivions avec le tournage de nouvelles capsules vidéo pour notre deuxième projet MOOC dédié à la culture vidéoludique en rejoignant Fanny Barnabé. Direction le Pokestore de Kyoto pour un tournage coloré, mais difficile. Si les rues des villes japonaises sont assez silencieuses, un Pokestore, c’est drôlement bruyant avec toutes les publicités sonores et jeux électroniques… Ce qui nous imposera de poursuivre la suite des capsules jusqu’au bout de la nuit, dans notre chambre d’hôtel re-décorrée pour l’occasion !

J-5 Passages secrets

Dernière journée et non des moindres, nous prenions la route de l’Université de Ritsumeikan pour en découvrir un lieu insolite où l’on tente de protéger et référencer le patrimoine du jeux-vidéo japonais. L’occasion pour moi toucher des précieuses reliques telles que les séries Nintendo Color TV Game mais aussi d’en apprendre un peu plus sur ce long désintérêt de son patrimoine vidéoludique par le Japon ainsi que le réveil récent des studios face à leur anciennes productions.

Nous prenions ensuite à nouveau le Shinkansen vers Osaka en faisant étape dans un autre temple bouddhiste à l’accès un peu confidentiel pour tourner les derniers plans vidéo de notre premier MOOC avant de terminer notre journée dans les rues de Denden Town à Osaka… ou tout du moins de rentrer à l’hôtel pour s’occuper des backups et des valises car les disque-durs sont full, les batteries sont vides,… l’équipe fier mais épuisée.

“This is finally over”… Après 5 jours de tournage dédiées à deux de nos futurs MOOCs, 75 heures de boulot,  41 capsules vidéos tournées dans 5 villes, plus de 250go de vidéo en triple exemplaire,… mais aussi de magnifiques expériences et rencontres. Il est temps de reprendre taxis, trains et avions pour 22 heures de trajet jusqu’à la Belgique…  Encore un grand merci à Claire Ghyselen pour nous avoir fait découvrir le Japon comme peu de Gaijin en ont l’occasion ! 

Sayōnara ?... Gare de Kyoto par Jeff Van de Poël
Sayōnara ?… Gare de Kyoto par Jeff Van de Poël

 

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