L’après D700

L’après D700

QuenaLove - Petite Snorkys Photography - Nikon D4Voilà déjà un bon moment que j’attends la relève du Nikon D700 qui depuis 2009 était notre appareil principal en reportage, et dès 2012 notre deuxième boitier. Entre temps Nikon a sorti pourtant 4 autres boitiers et leur déclinaison dans sa catégorie pro, le D800/D800E, le D4/D4s, D600/D610 et le DF. Néanmoins aucun de ceux-ci ne posent réellement en réel successeur du D700. L’une des raisons principales à cela est que l’excellent Nikon D700 offrait un tel rapport qualité/prix qu’il a phagocyté grandement les ventes des modèles supérieurs D3 et D3s.

J’analyse donc depuis longtemps le marché Nikon et son évolution, attendant le boitier parfait… et fin 2012, devant remplacé le D700, nous nous étions orientés sur le couteux Nikon D4 qui tant sur papier que sur le terrain s’est vraiment montré un cran au-dessus ! Reste que le D4 coute pas loin de 5000€, dispose d’un grip intégré et n’a évidemment pas la vocation d’être un boitier bis. Cependant, avoir gouté aux performances du Nikon D4 permet évidemment de mettre en avant certains points sur lesquels le D700 montre ses faiblesses : les photos réalisées en faible luminosité !

Ce genre de photo fait clairement partie de ce que j’apprécie, me passer de flash, et uniquement utiliser la lumière dont je dispose, jouer avec celle-ci et aller à sa rencontre ! Notre choix d’objectif est d’ailleurs taillé dans ce sens. Notre brave Nikon D700 offre un bon résultat jusqu’à 2000 ISO, et la qualité de ces images était déjà extraordinaire ! Cependant, le D4 grimpe sans soucis jusqu’à 6400 ISO et dans les faits offre de magnifiques photos dans toutes les situations à faible luminosité ! Autres points liés à cela, dès que la lumière manque, la mise au point automatique (AF) devient capricieuse. De ce côté, le D4 bronche très rarement !

Le Nikon D700 reste pourtant un excellent appareil auquel je lui trouve peu d’équivalents, mais il est certain qu’une fois comparé au Nikon D4, il montre ses faiblesses ! Cette année passée entre D700 et D4 aura donc rendu, je le pense, la réflexion de l’après D700 d’autant plus difficile, car vous l’aurez compris, le D4 ne joue pas dans la même catégorie.

Comparaisons techniques D700 - D800 - D610 - DF - D4

Nikon D800La logique aurait voulu que le Nikon D800 ait été le successeur du D700. Mais il dispose de deux éléments qui me semblent sur papier problématique. Sa cadence photo un cran en dessous du D700. En tant que deuxième boitier, c’est acceptable, mais si j’avais du choisir le D800 comme boitier principal en reportage mariage, cela me poserait problème. Néanmoins le plus grand souci à mes yeux se situe au niveau du capteur photo de 36MPx à savoir 3x plus imposant que celui du D700 pour une surface similaire. En théorie cette réduction de la taille des photosites pour gagner en pixel a pour effet de perdre en capacité à capter la lumière, et donc proposer un boitier moins performant en basse lumière. Tous les articles sortis avant la sortie du D800 ciblaient cela de manière systématique. Cependant, une fois mis à l’épreuve, le D800 a pourtant montré des résultats proposant une gestion des ISO meilleures que le D700 et donc un résultat final assez proche, parfois un peu meilleur. Mais il reste évidemment bien en dessous du D4.

Autres points à prendre en considération avec le capteur à 36MPx, les fichiers photo bruts pèsent facilement 40mo ! La carte mémoire est donc bien vite remplie, mais la machine nécessaire à la traiter peut également ne plus être adapté, quid de notre iMac Core i5 3.6ghz – 4go RAM datant de fin 2010 ? De plus des clichés de cette taille accentuent en théorie les différences profondeur de champ et implique donc une mise au point parfaite quoique certaines lectures tendent à minimiser le problème et à le cantonner à une vue à 100%, pour une taille d’écran donnée, ou une impression A4 donnée, ce paramètre n’a pas d’importance.

Un peu point par contre intéressant avec ce capteur de 36MPx, c’est la possibilité de recadrer très largement une photo ! Le but n’est évidemment dans faire des photos n’importe comment, mais en studio par exemple, cela permet de transformer une photo prise en paysage en mode portrait tout en conservant une résolution de 16MPx !

Enfin, dans la gamme D800, existe le D800E qui coute tout de même près de 500€. En théorie, il propose des photos aux détails encore plus fins en supprimant un procédé de lissage lors de la photo. Sans rentrer dans la technique, ce procédé a en contrepartie tendance à créer des effets de moirés qu’il faudra supprimer en postproduction. Pour l’heure, je n’ai pas vraiment lu d’article qui encensait le D800 et les photographes professionnelles considèrent le gain comme extrêmement minime.

L’absence du filtre antialiasing ou passe bas permet d’annuler l’effet adoucissant en piqué de ce filtre. Mais compte tenu de la faible puissance de ce filtre dans le D800 le gain est très ténu avec le E (ceci est confirmé par la très faible différence en moiré entre les deux appareils).

Néanmoins il permet d’obtenir des images de bonne qualité sans aucune accentuation ou avec une accentuation très faible: douceur et résolution, bokeh non dégradé, bref naturel des images optimisé. C’est une qualité très intéressante en portrait par exemple.

Avantage marginal mais toujours appréciable, la plus faible accentuation nécessaire sera toujours très favorable en haute sensibilité en limitant la visibilité du bruit.

Mais si toutes ces différences sont bien réelles elles n’ont d’intérêt (à mon avis) que pour les photographes adeptes des images douces et fines, les plus naturelles possibles. Ceux qui aiment les images bien accentuées contrastées et saturées ne trouveront pas de différences entre les deux appareils une fois leurs réglages préférés appliqués. Aucun jugement de valeur de ma part dans les deux cas simple constatation pratique. (Rominfo)

Au final, le D800 reste l’appareil sur lequel j’ai le plus de questionnement et surtout que je n’ai absolument pas eu l’occasion d’avoir en main. Côté ergonomie il se présente un poil plus massif que le D700, mais un peu moins lourd, et dispose d’une ergonomie similaire au D4, notamment pour système de modification de l’autofocus.

D610 vu de hautSorti quelques mois après le binôme D4/D800, le D600 devenu maintenant le D610 ne s’est pas plus montrer comme le descendant du D700 même si cette fois son arrivée s’est associée à la fin de production du D700. Le 610 se présente comme l’entrée de gamme PRO. Pour l’avoir eu en main, il est beaucoup plus compact que le D700 et donc également plus léger. Il n’est pas annoncé comme tropicalisé, mais Nikon confirme qu’il est autant résistant à la pluie et au changement de température que le D800. Lors de sa prise en main, j’ai personnellement trouvé désagréable la molette de sélection de programmes (M,A,S,P) impliquant l’utilisation des deux mains (l’une sur le bouton au centre et l’autre pour accéder à la molette).

Avec le positionnement D610 / D800, Nikon propose deux produits avec chacun des points positifs et négatifs, ne permettant pas de retrouver tous les avantages du D700. Le D610 dispose donc un capteur de 24MPx qui correspond mieux au besoin en reportage qu’un 36MPx. Il permet toujours un recadrage intéressant et offre donc en toute logique plus de luminosité. Néanmoins, je n’ai trouvé aucun test montrant qu’en faible lumière le D610 soit meilleur que le D800, hormis les graphiques du Dx0mark.

Coté technique, le D610 est annoncé avec un cadence plus élevée que le D800 (les fichiers étant moins gros), mais surtout moins de zones de mises au point (39 contre 51 sur le D800, D4 et D700) et également une vitesse d’obturation max à 1/4000sec contre 1/8000 ou une syncrho flash qui est à 1/200 et non 1/250. Ces éléments sont peut-être minimes, mais dans l’ensemble c’est une série de points qui font clairement du D610 un modèle en dessous du D700 sur papier !

comparaison D4 - D800 - D610

Nikon DFBons nombres de photographes restent donc perplexe quant au choix de leur boitier lorsqu’il s’agit d’éliminer le D4 (4800€) ou le tout nouveau D4s (6000€) de l’équation ! Il faut rajouter encore un autre nouveau boitier à tout cela, sorti fin de l’année dernière, le Nikon DF a lui aussi réussi le pari de ne pas être le boitier parfait et segmenter encore un peu plus les modèles à disposition.

Le DF se présente comme un boitier Pro au look hyper Rétro. Il embarque notamment le capteur 16MPx du D4, ce qui lui permet d’avoir une qualité de photo époustouflante, notamment en faible luminosité. (Le meilleur résultat sur Dx0mark) Il pourrait être le deuxième boitier de mariage par excellence, puisque son prix de près de moitié face au D4. Dommage donc que pour le prix, Nikon ait limité une partie de l’électronique à ce que l’on trouve sur le D610, à savoir un système AF limité à 39 points et une vitesse maximale de 1/4000.

Il faudra aussi avoir envie de jouer avec toutes les molettes pour faire les réglages, cela fait rétro certes, mais sur le terrain, pas sûr que l’on gagne en réactivité ! Enfin, vendu à 2700€, le boitier inclus d’office un objectif 50mm 1.8. À ce prix-là, c’est tout de même dommage de la part de Nikon d’avoir oublié un mode vidéo, même si à titre personnel ce paramètre n’est pas important.

Pour le studio par contre, le DF ne me semble pas être le meilleur choix !?

Enfin, reste l’éternel attendre du boitier suprême, un D710 ? On parle pour l’instant d’un D800S qui reprendrait certaines améliorations du nouveau D4S sur le D800E. Un boitier qui tournerait alors dans les 3000€, avec une meilleure gestion des faibles lumières et une cadence améliorée… à voir en Septembre ?

Nikon_D800_camera_drawing-680x442

 

Bref, histoire que vous compreniez pourquoi tant de réflexion, voici quelques photos réalisées la saison de mariage dernière en faible lumière avec le Nikon D4 !

Laché de lanternes - Région de Namur - Quenalove 2013
Cérémonie de mariage - Eclairage naturel - Quenalove 2013

La première danse - Animation Watt de lux - Quenalove 2013

 

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12 réactions au sujet de « L’après D700 »

  1. Choix porté (sans grande surprise) sur le Nikon D800 en tant qu’APN principale pour le studio et comme boitier bis/ter en mariage.

  2. Arg ! Me fait rêver ce d800. De mon coté je suis très satisfait de mon Sigma 18 35 f1.8 : un piqué incroyable, digne d’un objectif professionnel et à un prix très doux. Cet objectif change la donne en ce qui concerne l’apsc. Je vais bientôt me mettre à la recherche d’un meilleur boitier car mon d7000 commence à se faire vieux …

  3. Le D7100 sera probablement mon prochain. Apparemment, ses performannces sont excellentes, mais pas pour les photos de sport car trop petit buffer (de toute manière, c’est pas mon truc).

  4. Bonjour,
    et non, le D750 n’est pas non plus le successeur du D700 ;) . A mon sens, c’était le D800 le successeur le plus cohérent (résolution mise à part, c’est le plus similaire concernant les fonctions, la construction et l’ergonomie). En ce moment, certaines rumeurs parlent d’un baby-D5 (comme le D700 était un baby-D3) mais ces mêmes rumeurs évoquent aussi le fait que Nikon va réduire le nombre de gammes différentes, donc un peu contradictoire ^^ (le D700 était la seule alternative plein format au D3, aujourd’hui ce n’est plus le cas) et même si les photographes l’attendent, Nikon fera plus de compromis pour ne pas phagocyter les ventes du D5 comme le D700 l’a fait avec le D3. D’ailleurs , beaucoup serait choqué de voir le terme PRO associé au D610 ;) .
    Mais il faut aussi tenir compte du fait que les ordinateurs, les écrans et les supports de stockage sont moins chers et plus performants qu’il y a 10 ans, tout comme les capteurs (un 24MP actuel monte mieux en ISO qu’un 12MP à l’époque, si en plus on met la résolution à la même échelle l’écart est encore plus grand).

  5. Tout à fait. Pour avoir maintenant un D4, D800 et D750, il est claire que ce dernier n’est pas de taille à rivalier en tant que “Baby” D4 comme pouvait prétendre l’être le D700 et le D3. Dans l’action, le D750 fait de belles images, monte bien en ISO ! Moins que le D4, mais mieux que le D800. Le D750 souffre également d’une limitation à une vitesse de 1/4000 qui en mode semi-automatique plein soleil ne permet pas d’utiliser un objectif hyper-lumineux pour certains clichés… Et la synchro flash oblige de ne pas dépasser le 1/200… Enfin, l’ergonomie pour changer les ISO est vraiment pénible…
    De fait, le D800 avec ses énormes fichiers et sa gestion des ISO moins bonnes que le D4/D750 n’en font pas pour moi le boitier idéal pour seconder mon D4…
    J’ai également entendu parler d’un probable BabyD5… et je serais bien curieux de voir ce qu’il en ressortira et du tarif proposé, car le D5 est tout de même proposé à un tarif de près de 2000€ plus cher que le D4.

  6. Le 1/4000ème n’est pas limitant sur l’exposition par rapport au D700 puisque le D750 est à 100ISO natif alors que le D700 était à 200. Pour le bouton ISO on peut l’associer au bouton d’enregistrement vidéo, pratique si on ne fait pas trop de vidéos, mais la question ne se posera plus sur les prochains boitiers puisque le bouton ISO est maintenant à l’index droit.
    Ayant le D810, la fonction sraw est pratique mais Nikon aurait du aller au bout et proposer aussi le mraw, même si ça ne change rien sur la rafale. Les D8x0 auront au moins eu le mérite de pousser Nikon a revoir leur obturateur pour réduire le bruit au déclenchement ^^.
    Mais Nikon ayant “mieux” segmenter ses gammes pour que les D800 et D4 ne soient pas destinés aux même domaines et les D6x0 puis D750 soient de bons seconds sans risquer de concurrencer les boitiers pro, je me demande aussi comment ils positionneraient un baby-D5, prix prohibitif? AF et rafale castrés? construction et ergonomie amateurs?

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